Une étude canadienne publiée en ligne dans le Canadian Urological Association Journal a évalué le risque d'infection après une vasectomie sans bistouri réalisée avec des gants d'examen non stériles. Parmi les coauteurs figure la Dre Mélanie Savard-Côté, de Vasectomie 450.
L'audit porte sur 4 785 vasectomies réalisées par quatre médecins dans quatre cliniques externes canadiennes entre le 1er janvier 2024 et le 31 mars 2025. Quatre patients ont reçu des antibiotiques dans les 30 jours suivant l'intervention, soit un risque observé de 0,08 % (intervalle de confiance à 95 % : 0,03 à 0,2 %).
Ce que l'étude a réellement mesuré
Les chercheurs ont défini une infection par la prescription d'un antibiotique dans le dossier médical électronique au cours du mois suivant la vasectomie. Parmi les quatre cas repérés, un seul présentait un degré élevé de certitude diagnostique. Aucun abcès n'a été observé.
Pour vérifier si des cas avaient pu échapper au dossier des cliniques, l'équipe a aussi examiné les consultations postopératoires, suivi les appels de patients pendant deux périodes et interrogé un échantillon aléatoire de 313 patients. Une infection a été rapportée dans cet échantillon. Si cette proportion était appliquée à toute la cohorte, le risque hypothétique serait de 0,4 %, ce qui demeure faible. Cette estimation rappelle toutefois la principale limite de l'étude : un audit rétrospectif peut manquer des patients qui consultent ailleurs.
« Non stérile » ne veut pas dire « sans protocole stérile »
Le changement étudié concernait les gants portés par le médecin. Il ne supprimait pas les autres mesures d'asepsie. La peau était préparée avec de l'alcool isopropylique puis trois applications d'une solution de chlorhexidine et d'alcool. Les gants étaient eux aussi désinfectés avec cette solution. Les instruments, les champs et les compresses demeuraient stériles, et les médecins portaient un masque et un bonnet chirurgical.
Les auteurs concluent donc que des gants d'examen non stériles, intégrés à ce protocole précis, ont été associés à un très faible risque d'infection après une vasectomie sans bistouri en clinique. Ils recommandent néanmoins des études prospectives multicentriques pour confirmer ces résultats dans d'autres milieux. L'étude ne permet pas de conclure que les autres mesures d'asepsie peuvent être réduites.
Pourquoi ce résultat est utile
Si ces observations sont confirmées, l'utilisation de gants d'examen pourrait réduire les coûts, le temps de préparation et les déchets d'emballage dans les cliniques qui effectuent un grand nombre de vasectomies. Le bénéfice potentiel repose cependant sur le maintien d'une technique standardisée, d'une antisepsie rigoureuse et d'un suivi postopératoire accessible.
Référence : Bercier J-P, Dumais V, Trottier D, et al. Risk of post-vasectomy infection using non-sterile gloves: A retrospective audit of 4785 office-based procedures. Canadian Urological Association Journal. 2026;20(10):393-397. doi:10.5489/cuaj.9603. Publication en ligne le 7 juillet 2026. Source : PDF de l'article fourni pour cette nouvelle.
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